Ce que ça veut direWhat this means
Pour les juges déjà sanctionnésFor the judges already sanctioned
Sur le papier.On paper. Interdiction d'entrer aux États-Unis, gel des avoirs sous juridiction américaine, interdiction pour toute entreprise américaine de leur fournir un service.A ban on entering the United States, a freeze on assets under US jurisdiction, and a ban on any American company providing them with services.
Dans la vraie vie.In real life. Nicolas Guillou l'a raconté publiquement : comptes Amazon, Airbnb et PayPal bloqués, cartes Visa et Mastercard coupées, comptes bancaires fermés y compris dans la zone euro, colis non livrés. Il parle d'un « quasi-bannissement » dans son propre pays.Nicolas Guillou has spoken about this publicly: his Amazon, Airbnb and PayPal accounts blocked, his Visa and Mastercard cards cut off, bank accounts closed even within the eurozone, parcels undelivered. He describes it as a “near-banishment” in his own country.
Pour la Cour, sanctionnée tout entièreFor the Court, sanctioned as a whole
Ce qui est menacé.What is at stake. Depuis le 9 octobre, toute transaction avec la Cour est interdite et ses avoirs sous juridiction américaine sont bloqués. À terme, ce sont ses comptes bancaires, ses assurances et ses prestataires qui pourraient être coupés. Objectif affiché par Washington : l'empêcher de fonctionner. Et comme pour Nicolas Guillou, des entreprises européennes pourraient rompre bien avant, par simple précaution.Since 9 October, all transactions with the Court have been banned and its assets under US jurisdiction blocked. In time, its bank accounts, its insurance and its service providers could all be cut off. Washington's stated aim: to stop it from functioning. And as with Nicolas Guillou, European companies could cut ties well before then, simply as a precaution.
Pour ceux qui l'aident.For those who help it. Toute personne qui coopérera avec la Cour pourrait à son tour être sanctionnée : le décret américain de février 2025 permet déjà de viser quiconque apporte un soutien financier, matériel ou technologique aux personnes sanctionnées.Anyone who cooperates with the Court could be sanctioned in turn: the US executive order of February 2025 already allows action against anyone who provides financial, material or technological support to sanctioned persons.
Un ultimatum.An ultimatum. Les entreprises américaines ont jusqu'au 7 avril 2027 pour solder leurs relations avec la Cour. Washington prévient que ce délai sera ajusté selon que les États parties satisferont ou non ses exigences. Marco Rubio ne laisse aucune ambiguïté : « Soit la CPI met fin à ses menaces, soit nous mettrons fin à la CPI. »US companies have until 7 April 2027 to wind down their dealings with the Court. Washington warns that this deadline will be adjusted depending on whether States Parties meet its demands. Marco Rubio leaves no room for doubt: “Either the ICC will end its threats, or we will end the ICC.”
Un faux dialogue.A sham dialogue. La Commission européenne dit voir dans ce délai « une place pour le dialogue ». Mais les exigences de Washington sont connues : que la Cour renonce à poursuivre des Américains, qu'elle abandonne les procédures visant des dirigeants israéliens, et que le Statut de Rome soit modifié pour qu'elle ne puisse plus enquêter sur les États-Unis et ses alliés. C'est le prix que Washington fixe pour renoncer aux sanctions. Ce soi-disant « dialogue » revient donc à négocier l'indépendance de la Cour. C'est inacceptable, la justice ne s'achète pas.The European Commission says it sees “room for dialogue” in this delay. But Washington's demands are well known: that the Court give up prosecuting Americans, drop its cases against Israeli leaders, and that the Rome Statute be amended so it can no longer investigate the United States and its allies. That is the price Washington sets for dropping the sanctions. This so-called “dialogue” therefore amounts to bargaining over the Court's independence. That is unacceptable: justice is not for sale.