Certains pensent encore que le trumpisme est un phénomène lointain. Terrifiant, certes, mais une agitation politique américaine, loin de l'autre côté de l'océan Atlantique. Rien n'est plus faux.
Ces dernières semaines, plusieurs faits sont venus confirmer une réalité que nous dénonçons depuis des mois : des réseaux politiques et idéologiques américains cherchent activement à influencer les décisions publiques européennes. Cela se passe ici, au Parlement européen.
Au début du mois de février, les groupes d'extrême droite affiliés à Jordan Bardella et Marion Maréchal ont organisé un "sommet transatlantique". Derrière une façade institutionnelle, financé par de l'argent public, cet événement a réuni des proches de l'administration de Donald Trump et plusieurs figures centrales de l'internationale réactionnaire. Parmi les intervenants figuraient notamment des représentants de la Heritage Foundation, think tank américain majeur, à l'origine d'une large part de l'architecture idéologique et programmatique du trumpisme.
Alors que les scandales s'accumulent, il n'y a pourtant eu aucune réaction en Europe. Aucune.
Autre exemple : en octobre dernier, le Parlement européen accueillait un événement "Make Europe Healthy Again", rassemblement où se sont exprimées des figures du complotisme scientifique et des militants antivaccins, dans la droite ligne des positions défendues aux Etats-Unis par Robert F. Kennedy Jr. Là encore, les discours anti-science et anti-régulation ont trouvé des relais dans l'enceinte même de nos institutions.
Enfin, nous avons appris la semaine dernière que l'administration Trump avait joué de toute sa force pour influencer la législation "omnibus 1", un texte régressif sur les droits humains et l'environnement. L'eurodéputé de droite Jörgen Warborn, rapporteur sur ce dossier, semble y avoir joué un rôle de facilitateur, préférant se rendre à Washington rencontrer les représentants américains plutôt que dialoguer avec les acteurs européens concernés.
Ce n'est que le début. Le gouvernement américain envisage désormais de financer directement des think tanks et organisations proches des réseaux MAGA sur le sol européen. L'objectif est toujours le même : implanter au coeur de l'Union européenne les méthodes, les discours et l'agenda idéologique du trumpisme, et, in fine, la vassalisation politique de notre vieux continent.
Alors que les scandales s'accumulent, il n'y a pourtant eu aucune réaction en Europe. Aucune.
La Commission européenne a même pris la décision unilatérale, sans accord ni des Etats membres ni du Parlement européen, d'envoyer une commissaire assister à la première réunion du "Conseil de Paix" créé par Donald Trump — une instance destinée à contourner l'ONU, qui rassemble tout le gratin des dirigeants autoritaires mondiaux et dont le prix d'entrée est fixé à 1 milliard de dollars. Le Conseil de paix doit être boycotté, au risque de précipiter la chute des institutions internationales, déjà fragilisées.
Face à cette offensive idéologique structurée, financée et assumée, la responsabilité des forces progressistes est immense. Nous devons défendre la liberté et la souveraineté de l'Europe. Vous pouvez compter sur moi pour porter ce combat au Parlement européen.
"Jordan Bardella main dans la main avec le pire de l'internationale réactionnaire" — Tribune de Chloé Ridel
Voir sur X — 7 février 2026