Il y a un peu plus d'un an, une mission m'a été confiée : coordonner la refondation du projet du Parti socialiste. Un chantier colossal que j'ai eu l'honneur de présenter il y a peu.

Pour le construire, nous sommes d'abord partis à la rencontre des Français qui ne croient plus en la politique. À Carcassonne, à Douai, à Fameck, à Argenteuil, à Guéret, à Rennes. Dans des quartiers populaires, des villes moyennes, des territoires que l'on dit oubliés. Nous sommes allés écouter, documenter les colères, mais aussi les espoirs.

Ensuite, nous avons mené plus de 200 auditions : scientifiques, intellectuels, syndicalistes, associatifs ou acteurs économiques. Nous nous sommes aussi appuyés sur l'immense travail déjà accompli par nos parlementaires, à l'Assemblée nationale, au Sénat comme au Parlement européen, et par nos élus dans leurs collectivités. Des années de propositions, de rapports, d'expérimentations locales, qui constituent un patrimoine politique précieux.

Enfin, des centaines de contributions citoyennes et militantes sont venues nourrir ce texte.

Le résultat en est un document de 150 pages, avec plus de 600 propositions organisées autour de 6 grands axes thématiques, qui propose une vision du monde, de la France, et un projet politique refondé autour d'une promesse révolutionnaire : la liberté.

Voilà le mot que nous voulons reprendre à la droite et à l'extrême droite, qui en ont défiguré le sens. Pour eux, la liberté, c'est l'absence de règles communes, c'est la fin de l'État et des services publics, c'est le règne du tout marché. Cette liberté est une fiction. Elle finit toujours par organiser la domination d'une minorité sur une majorité du peuple.

Présentation du projet refondé du Parti socialiste

Notre liberté, à nous, est partagée. Elle ne se sépare jamais de l'égalité et de la fraternité. La liberté c'est, pour chacun, le pouvoir de choisir sa vie. C'est l'émancipation. Nous voulons qu'elle soit réelle pour tous, plutôt qu'un luxe réservé à quelques-uns. Pour cela, nous avons besoin du contraire des politiques de dérégulation et du libre marché : nous avons besoin d'une France solidaire, d'une puissance publique forte. Il faut pouvoir vivre dignement de son travail. Se loger sans y consacrer la moitié de son salaire. Respirer un air sain sur une planète habitable. Vieillir dans la dignité. Aimer qui l'on veut, croire ce que l'on veut, penser librement. Et pouvoir, comme peuple, décider de notre destin collectif sans dépendre des humeurs des hommes qui gouvernent par la force à Washington, Pékin ou Moscou.

Cette liberté, concrète et partagée, ne se décrète pas dans un discours. Elle se construit par les mesures que nous proposons. Pour reprendre le contrôle face à un capitalisme devenu autoritaire et prédateur, prêt à détruire nos droits et nos systèmes sociaux pour nourrir sa propre croissance, nous devons mettre en place des politiques de justice radicales : fiscales, sociales, écologiques, démocratiques.

Pour comprendre l'essence de ce que nous devons porter, je cite toujours cette phrase de Carlo Rosselli, antifasciste italien du 20ème siècle :

« Le socialisme, c'est quand la liberté arrive dans la vie des plus modestes » - Carlo Rosselli

Ce nouveau projet socialiste appartient maintenant aux fédérations et aux militants du Parti socialiste. Ils doivent s'en saisir, en débattre, l'amender, l'enrichir, puis le voter avant l'été.

La refondation continue.

@ChloeRidel

Dans une interview pour Libération, je reviens sur le travail collectif que j'ai coordonné ces derniers mois au Parti socialiste, sur la refondation de notre projet.

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