Tout ne se passe pas comme ils l'avaient prévu.

Donald Trump a signé un accord avec l'Iran mettant fin au conflit entre les deux pays. Annoncé le jour de son anniversaire, comme un caprice, il s'est félicité d'éteindre l'incendie qu'il a lui-même allumé quelques mois plus tôt.

Des milliers de morts, une économie mondiale ébranlée, une flambée des prix de l'énergie qui a relancé l'inflation… pour rien. Aucun des buts de guerre, s'il y en avait, n'a été atteint. Pire : l'accord qu'il vient de signer apparaît comme une capitulation des États-Unis au bénéfice d'un régime qu'il jurait d'abattre. L'accord entérine le déblocage de milliards de dollars d'avoirs gelés, la levée des sanctions contre l'Iran et ouvre la voie à un plan de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement, le tout avec de faibles contreparties sur le programme nucléaire et balistique du pays.

Après avoir promis la liberté au peuple iranien, Donald Trump signe un chèque à ses geôliers. L'indécence à son paroxysme.

Et tout cela avec l'armée la plus puissante de la planète, au budget colossal de 1000 milliards de dollars en 2025, soit près de 3 fois les budgets militaires de l'ensemble des pays de l'Union européenne. La plus grande puissance économique et militaire du monde est, au final, impuissante.

De l'autre côté du globe, l'autre "homme fort", Vladimir Poutine, est entré en guerre avec l'Ukraine en engageant des moyens humains et militaires colossaux. Quatre ans plus tard, le bilan est vertigineux : 1,4 million de soldats russes tués, blessés ou disparus selon l'état-major ukrainien. Jamais une grande puissance n'avait payé un tel prix dans une guerre depuis 1945. Et pendant que le Kremlin engloutit près de 40 % de son budget fédéral dans la défense et la sécurité, relève la TVA et rogne les dépenses sociales, le peuple russe trinque.

Le résultat ? Alors qu'il annonçait prendre Kiev en 3 jours, à peine un cinquième du territoire ukrainien est occupé en ce mois de juin 2026, l'armée russe patine et les troupes ukrainiennes reprennent même du terrain. Le maître du Kremlin, lui, est retranché dans un bunker, méfiant des siens. Il aurait déjà purgé une grande partie de l'état-major russe par peur d'être renversé.

L'homme fort est prisonnier de sa propre mise en scène. Il ne peut ni reconnaître une erreur, ni écouter ceux qui le contredisent. Autour de lui, plus personne n'ose dire la vérité.

Deux hommes, deux guerres, un même échec, et ce n'est pas un hasard. L'homme fort est prisonnier de sa propre mise en scène. Il ne peut ni reconnaître une erreur, ni négocier sans perdre la face, ni écouter ceux qui le contredisent. Autour de lui, plus personne n'ose dire la vérité. Alors il s'entête, jusqu'à transformer une impasse en désastre. La brutalité peut soumettre un temps. Elle ne fabrique ni adhésion, ni stabilité, ni victoire durable.

Le culte de l'homme fort, mise en scène virile qui confond brutalité et puissance, se fracasse sur le réel.

Les faiblesses de Trump et de Poutine nous ouvrent une fenêtre : soutenir l'Ukraine jusqu'à la reconquête de ses territoires, protéger la Cour Pénale Internationale que Washington veut réduire au silence, et surtout, bâtir notre propre souveraineté - sécuritaire, énergétique et technologique - pour montrer qu'il existe une autre voie que celle des « hommes forts ».

La politique, ce n'est pas organiser un spectacle de MMA dans les jardins de la Maison Blanche ou poser torse nu lors d'une session de chasse à cheval en Sibérie. La diplomatie, le droit international, la lutte pour la liberté et contre les inégalités: c'est comme ça que nous construirons la paix et la prospérité pour toutes et tous. Là où précisément la méthode de la force a échoué.