La semaine dernière, le Parlement européen a décerné sa plus haute distinction, le prix Sakharov, à la Cour pénale internationale et à celles et ceux qui la font vivre. Comme un message d'espoir pour le droit international, comme un message de résistance envoyé à Donald Trump, la nouvelle a fait le tour du monde.
Merci à vous toutes et tous qui me lisez, d'avoir mené ce combat avec moi. Quand j'ai pris l'initiative de nommer les juges de la Cour pénale internationale au prix Sakharov, la partie n'était pas gagnée d'avance. Le travail de mobilisation - merci aux plus de 37 000 signataires de notre pétition ! - et de conviction a payé.
Depuis, nous avons reçu de nombreux messages venus de la CPI. Des juges, des greffiers, des membres du personnel de la Cour nous ont écrit pour nous remercier d'avoir mené ce combat. Certains vivent depuis des mois sans carte bancaire, privés des services du quotidien et inquiets pour leurs proches. C'est dire si ce soutien à la Cour venu du Parlement européen est important, à un moment où elle est plus menacée que jamais. Treize jours plus tôt, l'administration américaine avait porté son coup le plus dur en plaçant l'intégralité de la Cour sous sanctions.
L'Europe fidèle à ses valeurs, la tête haute face aux tyrans.
Les juges de la CPI ont donc rendez-vous en décembre à Strasbourg. Ils y sont conviés pour recevoir officiellement le prix Sakharov devant l'ensemble des eurodéputés, en session plénière. L'un des représentants de la CPI y fera alors un discours. Une juridiction que Washington traite en ennemie, applaudie par les élus des peuples européens : ce sera un moment historique et rare dans la défense de la justice internationale. L'Europe fidèle à ses valeurs, la tête haute face aux tyrans.
Ces derniers jours, d'autres victoires contre l'autoritarisme sont à célébrer.
Au Brésil, Lula a été réélu face à Flávio Bolsonaro, le fils de l'ancien président d'extrême droite. Rien n'était écrit. Le candidat d'extrême droite était soutenu par Donald Trump qui avait mis l'entreprise Meta, propriétaire notamment de Facebook et Instagram, à son service. Des experts de l'ONU se sont même alarmés de restrictions touchant des milliers de comptes pro-Lula. Et pourtant, entre les deux tours, près de trois millions d'électrices et d'électeurs supplémentaires sont allés voter. Un sursaut populaire face à l'alliance des algorithmes et de Washington.
Et puis, il y a la magnifique victoire des étudiants pour la démocratie en Serbie. Pendant près de deux ans, de façon non violente, les étudiants ont bloqué leurs universités, rempli les rues et sillonné le pays pour contester un pouvoir autoritaire et corrompu en place depuis 14 ans. Le week-end dernier, la liste qu'ils ont constituée a remporté la majorité absolue aux élections législatives. J'ai rencontré certains de ces étudiants il y a un peu plus d'un an, et je vous raconte ici ce qu'ils m'ont dit. Cette démonstration démocratique sera, j'en suis sûre, étudiée dans les livres d'histoire.
Nous nous inquiétons souvent de l'avancée des réactionnaires et autocrates à travers le monde. Avec raison. Mais ces derniers jours, nous pouvons l'affirmer avec joie : la démocratie n'a pas dit son dernier mot. Rien n'est inéluctable. Au Parlement européen, à Brasília et à Belgrade, des femmes et des hommes ont refusé de plier. À nous de nous en inspirer.